Quatrième de couverture : 15 octobre 1917, à la
petite aube. Sur le champ de tir de Vincennes un corps tombe, criblée de balles.
Une femme vient de mourir. Une légende est née.
Mata-Hari dansait nue, après avoir
ôté lentement ses voiles. Hollandaise à la beauté exotique, se prétendant fille
d’un brahmane et d’une bayadère, elle avait inventé le strip-tease à l’heure où
Guillaume II rêvait de conquérir l’Europe. Dans un monde à feu et à sang, elle
réincarnait la courtisane antique, élevant l’érotisme à la dignité d’un rituel.
Dangereuse ? L’homme de la rue racontait qu’elle était la
maîtresse du Kronprinz, qu’elle avait fait tuer l’effectif d’une division de
poilus. Aujourd’hui, on aurait plutôt tendance à l’innocenter à tout prix, à faire
d’elle une victime. Ainsi, par son mystère, son tumulte et son panache, demeure-t-elle
à jamais le plus célèbre des agents doubles.
A la lumière de documents jusqu’alors tenus secrets et de la moderne psychanalyse, voici Mata-Hari
restituée dans sa vérité humaine. De Berlin, où son protecteur n’est autre que
le chef de l’espionnage, à Paris où elle se heurte au fameux capitaine Ladoux du deuxième bureau français, à Falmouth dans ses démêlés
avec l’Intelligence Service, à Madrid, auprès de l’attaché allemand von Kalle – de palace en palace,
de sleeping en cabine de première classe, dans sa libre quête sensuelle comme
dans son amour pathétique pour le beau lieutenant russe Vadim de Maslov – nous la suivons à la trace et sa destinée devient
intelligible.
Nous assistons au duel patient qui l’opposa au capitaine
Bouchardon, dans l’instruction de son affaire, et qui rappelle celui de
Porphyre avec Raskolnikov dans Crime et Châtiment.
Après les fastes cosmopolites et l’écume mondaine des capitales, nous plongeons
dans l’univers claustré de la prison Saint-Lazare, sous la surveillance des
religieuses. Nous franchissons le huis clos du Conseil de Guerre où l’assiste
son vieil amant, son avocat, Maître Clunet, qui seul
jusqu’au bout lui sera fidèle.
Et il n’y a plus d’aventurière, plus d’espionne, plus d’énigme.
Simplement une femme, une amoureuse déchirée dont la danse lascive se détache
sur la toile rouge de la Grande Guerre.