Quatrième de
couverture : Chapeau melon et route des Indes : c'était l'Angleterre
d'hier. Beatles et retour en Europe : c'est celle d'aujourd'hui. Entre ces deux
images, Messieurs les Anglais, comme
on les appelle depuis Fontenoy, ont supporté le poids et l'agonie d'un monde.
Leur reflux vers le continent referme un cycle historique et en ouvre un autre,
« après quatre cents ans de course étincelante et orgueilleuse au grand large
».
René Dabernat, l'un des
journalistes les plus lus de France, montre avec une documentation hors pair
comment ce « personnage shakespearien qu'est l'Angleterre » annonce ou reflète
un changement d'ère.
On voit les peuples de couleur se libérer, disloquer
l'empire britannique, qui fut le plus vaste de tous les temps, bouleverser les
stratégies ; la fière Britannia, humiliée par les
superpuissances, tenter de retrouver un rôle grâce au pétrole de la mer du
Nord, aux industries de pointe, à la City et au Marché commun qu'un référendum,
le premier du royaume, a approuvé.
On voit le capitalisme triompher puis vaciller ; les
syndicats conquérir une place égale à celle des ducs et des banquiers là où
existait un enfer ouvrier sur lequel Marx, enterré à Londres, greffa le Manifeste
communiste de 1848 ; l'État-Providence grandir au point d'inquiéter ses propres
architectes. On voit les jeunes et les femmes sortir du carcan victorien sans
que disparaissent les rites sacrés d'un peuple si singulier que Victor Hugo le
comparait aux Chinois.
Parce que l'Angleterre, temple de la démocratie, sauva la
liberté en 1940, sous Churchill, et préféra pendant des siècles, fût-ce in
extremis, la réforme à la révolution, nulle part la redistribution du pouvoir
national, européen et mondial ne revêt autant d'intensité.
Il fallait un grand journaliste pour nous faire saisir
l'ampleur d'un tel enjeu : René Dabernat.