Résumé :
Miro tient une place particulière dans le Surréalisme. Il est le plus proche de
l’enfance, et même de l’enfance de l’art. Ses tableaux racontent une histoire
et quelques signes lui suffisent pour évoquer l’évènement. Ainsi trois cheveux
indiquent toute une chevelure, quelques traits entrecroisés désignent la place
d’une étoile. Miro écrit ses tableaux comme un enfant trace une marelle sur un
coin de trottoir. Son langage simple surgit à la source de l’acte créateur, là
ou l’art populaire rejoint les graffiti, où les gravures préhistoriques se
fondent aux caricatures naïves. Derrière l’humour, pourtant, se profile un
univers tragique. Les vibrions du rêve s’agitent dans un monde vide, sur un
écran de couleur. Le graphisme ironique de Miro est un fragile équilibre entre
le rire et le cauchemar.