Quatrième de
couverture : ce qui distingue Léon Blum des plus illustres
représentants de la IIIe république, c’est une gloire posthume de plus en plus
tapageuse, l’espèce de déification laïque dont il est l’objet.
Depuis sa mort, des disciples innombrables se sont voués
au culte de sa mémoire. Il est comparé à Socrate et même à Jésus… Articles,
expositions, colloques, émissions radiodiffusées et télévisées se succèdent. Les
livres se multiplient à une cadence rapprochée. Tous hagiographiques. En 1977,
la biographie de M. Jean Lacouture, dont tout le monde parle toujours, a été
accueillie par un chœur de louanges dithyrambiques.
Son « expérience » de 1936 et sa personnalité,
maintenant que François Mitterrand est chef de l’Etat, sont sans cesse évoquées
dans les discours officiels et dans la presse. Docteur, apôtre et martyr, il
est installé au premier rang sur les autels de la République, tandis que sont
promis à la damnation de l’Histoire ses contradicteurs, les antisocialistes,
les anciens adversaires et les repentis du Front populaire.
Léon Blum fut-il donc si pur ?
Aussi ardent polémiste que scrupuleux historien, Louis Guitard, qui appuie ses démonstrations sur des faits
indiscutables et de nombreux documents inédits, pose la question.
« J’apporte ma pierre, écrit-il, au monument d’adulation
qu’on lui dresse. Une pierre qui va déformer la parfaite statue. La rendre plus
ressemblante à ce que fut l’homme en vérité, avec ses erreurs, ses
contradictions, ses lâchetés, ses humaines petitesses. »