Quatrième de couverture : « Raymond Barre
ou le plus mal connu des hommes connus ». tel
aurait pu, également, être le titre de ce livre.
De l’homme qui, pendant près de cinq ans, fut Premier ministre,
qui se trouve aujourd’hui toujours remarquablement placé dans les sondages, les
Français ne savent presque rien. Il n’en ont qu’une image partielle :
celle du chef du gouvernement nommé, en août 1976, au plus fort des difficultés
économiques et sociales, appelant à l’effort, au retour à la compétitivité, à
la défense du franc, à l’adaptation des entreprises et, plus encore, à la
transformation des mentalités face au monde dans lequel nous vivons, celui des
fulgurantes évolutions.
Mais il existe un autre Raymond Barre que l’homme politique.
Pudique, discret, secret, Raymond Barre, qui n’est entré que très tard et par
hasard en politique – il a cinquante-deux ans en 1976 -, a toujours refusé de
se livrer. Il n’aime ni les potins, ni les cancans, ni les « échos »,
ni les petites phrases ni les petites histoires. Aussi Henri Amouroux, auteur de La grande histoire des Français sous l’occupation,
a-t-il voulu écrire ce livre comme il le fallait, en historien qui va aux
sources et retrouve l’écolier Raymond Barre, premier de sa classe, à la Réunion ;
l’étudiant, qui, en 1946, suit à Paris les cours de François Perroux et de
Raymond Aron ; l’agrégé, professeur en Tunisie, où il rencontrera celle
qui deviendra sa femme ; l’homme à qui le général de Gaulle demandera d’aller
à Bruxelles pour y être vice-président de la commission unique des Communautés
européennes – avant d’expliquer l’action du ministre du Commerce extérieur, du
Premier ministre et du député de Lyon […]