Quatrième de
couverture : L'affaire des « Disparus de Mourmelon »
a longtemps défrayé la chronique. Entre 1980 et 1987, une dizaine de personnes,
dont six militaires, disparaissent dans les environs de Mourmelon,
en Champagne. En 1982, une enquête est enfin ouverte. Policiers et enquêteurs
piétinent, jusqu'au mois d'août 1988, où Pierre Chanal
est interpellé pour avoir séquestré et violé un autostoppeur hongrois dans son
camping-car. Cet adjudant-chef, prétendu pervers et homosexuel, qui a fréquenté
Mourmelon au moment des faits, tient lieu de coupable
idéal. D'abord condamné à dix ans de prison dans l'affaire de l'autostoppeur,
il est bientôt mis en examen pour les assassinats de huit des jeunes gens disparus.
Voilà comment naît l' « affaire Chanal »
et comment Maître Buffard devient son avocat.
Il reconstitue ici chaque étape de l'une des instructions
les plus démesurées de la justice française, de la première disparition
jusqu'au suicide de Pierre Chanal. Peu à peu se
dévoilent de surprenantes défaillances : tentatives d'extorsion des aveux par
les gendarmes, auditions de témoins peu crédibles, exploitation partiale des
éléments matériels... Alors, on s'interroge: n'aurait-on pas hâtivement accusé Chanal de meurtres qu'il n'avait pas commis ? Et, pour la
première fois, Maître Buffard met en accusation la
prétendue infaillibilité des expertises scientifiques : les analyses ADN
sont-elles vraiment la clé de tous les mystères ?
Au regard d'autres fameuses affaires - Omar Raddad, Patrick Dils, Caroline
Dickinson, Outreau-, l'auteur dénonce les tares d'un système qui conduit
fatalement à des erreurs judiciaires. Il démontre comment les procès sont
devenus des machines à grand spectacle, où les victimes et leur souffrance
mobilisent l'attention, empêchant toute justice sereine et donc impartiale.
Dans ce livre-enquête, remarquablement renseigné et
argumenté, l'auteur ouvre le débat sur des questions de justice fondamentales.