Quatrième de
couverture : Petit-fils de Francisque Sarcey, fils d’Adolphe et
Madeleine Brisson, n é sous Félix Faure en 1896, mort sous de Gaulle en
1964, critique théâtral inflexible, directeur du Figaro pendant trente années qui comptent parmi les plus
dramatiques du siècle (1934-1964) analyste, essayiste par amour de l’art d’écrire
et ardent souci d’introspection, auteur de deux des ouvrages les plus
passionnés que l’on ait écrits sur Molière et Racine, Pierre Brisson n’a jamais
rien fait sans flamme et sans foi.
Le public ne l’a connu que par ses écrits et ses
éditoriaux où, dans un style châtié, il a dit son fait à chacun, sans ménager
personne, y compris le plus grand des Français, emporté par ses convictions de
républicain de vieille souche. Seuls ses intimes et quelques-uns de ses
collaborateurs ont su ce qu’il y avait d’extrême sensibilité sous son intransigeance
et de colère sourde sous ses disciplines. Certes Pierre Brisson ne fut pas un
saint. Il lui advint même d’être cruel pour ceux qu’il aimait. Mais, conscient
du mal qu’il causait, la façon dont il exprimait et stylisait ses remords leur
prêtait une vertu apaisante et réparatrice. Ses récits romanesques, en
particulier Le Lierre, illustrent la
part de la conscience dans son inspiration.
Le vivant ouvrage d’André Lang, qui fut quarante ans l’ami
de Pierre Brisson, nous montre un écrivain fervent, un amoureux de la vie,
littéralement arraché à ses admirations, à ses joies, à ses songes, par la
volonté tenace, farouche, exténuante, de préserver l’indépendance et la vie
même du Figaro des tempêtes, des
remous, des complots qui (en particulier de 1940 à 1950), de l’extérieur comme
de l’intérieur, faillirent faire sombrer un des quotidiens les plus prestigieux,
les plus estimés – le seul qui ait gardé son titre après la Libération.
Enrichi de photographies et de nombreuses lettres
inédites, le Pierre Brisson d’André
Lang est d’abord le portrait sans retouches d’un homme libre et secret, mais il
est aussi un passionnant document d’époque, la chronique impartiale d’une des
périodes les plus héroïques comme les plus troubles de l’histoire de l’opinion
publique contemporaine, et de ses guides.