Quatrième de
couverture : Lorsque, le 22 août 1945, je suis entré dans sa cellule,
je ne connaissais pas Pierre Laval ; Mais je réalisais un des plus curieux
désirs de ma jeunesse : celui de le voir. Du 22 août au 15 octobre, j’ai
passé le meilleur de mon temps auprès de lui. Quand je revenais le soir, aucune
tâche ne m’était plus urgente que celle d’écrire le propos que je croyais
entendre encore. Je me relis aujourd’hui et je redoute d’avoir échoué. Qu’est-ce
qu’une phrase de Laval ? Qu’est-ce qu’un regard de Laval ? Et que
trouverez-vous dans ce livre si vous n’avez pas connu l’homme ? Le
scandale d’un procès ? Oui, c’est ici noir sur blanc. Mais Pierre Laval ?
Comment, par des mots épars, rendrais-je sensible sa souveraineté ? La
veille de sa mort, il me remit trois lettres d’adieu. Je les cachetais devant
lui. Vingt-quatre heures plus tard, ouvrant celle qui m’était destinée, je
lisais : « Vous m’avez compris comme si vous aviez vécu près de moi
pendant de longues années ».
Jacques Baraduc