Quatrième de
couverture : Il faut, le plus souvent, de longues années, pour que l’œuvre
d’un peintre prenne, dans l’échelle des valeurs artistiques, sa juste place,
même quand ce peintre a pu connaître, de son vivant la notoriété, parfois la
célébrité.
C’est le cas de Pierre Prud’hon, qui apparaît aujourd’hui
comme une des gloires les plus incontestables de la peinture française après
avoir été, de 1808 à 1814, un des peintres favoris de l’Empereur, de Joséphine
et de Marie-Louise. Son œuvre, pendant un temps presque oubliée, est, avec
celle de Géricault, qui lui est sur plus d’un point apparentée, de celles que l’époque
contemporaine s’est plu à redécouvrir pour lui rendre justice et lui restituer
sa véritable place.
Son tempérament, tout de tendresse et d’amour, sa
sensibilité, ont fait de lui, avant tout, le peintre de la femme. Dans les
toiles admirables qu’il nous a laissées, dans ses magnifiques estampes à la
pierre noire et à la craie sur papier gris bleuté, que se disputent aujourd’hui
les collectionneurs, c’est toujours la femme qui triomphe, la femme en sa
première fleur et ses premières amours. Mais quelles qu’aient été chez lui, la
sensualité et l’absence totale de mysticisme, il a su garder à la description
de cet amour naissant, une spiritualité chaste, reflet de la distinction morale
de ce peintre, et de sa formation chrétienne.
On conçoit que cette œuvre ait séduit le grand et
regretté critique d’Art qu’était Georges Grappe. Sa sensibilité devait le
porter à s’émouvoir des tendresses d’un Prud’hon pour l’idéal féminin. Les
admirateurs des précédents ouvrages de Georges Grappe seront heureux de joindre
ce dernier joyau à la série des œuvres critiques de ce parfait érudit.