Quatrième de
couverture : Parce qu’il a beaucoup bâti, parce qu’il a donné de
grandes œuvres littéraires et philosophiques, parce qu’enfin s’y rencontrent
des types humains admirables, le XIIIe siècle a de la grandeur. Il s’en faut
pourtant de beaucoup qu’il soit l’âge « classique », uniformément
stable et serein dans le temps et l’espace, que nous présente une tradition
mièvre presque exclusivement nourrie de biographies bienveillantes des
familiers de Saint Louis et fascinée à l’excès par la seule profusion d’œuvres d’art
de ce temps.
Portant son regard aussi bien sur la personne que sur l’entourage
du roi ; étudiant les idées politiques et les méthodes du pouvoir comme
ses décisions ; décrivant les mutations démographiques, les déséquilibres
économiques régionaux et les évolutions techniques au même titre que l’aménagement
du territoire et les réformes administratives, Gérard Sivéry
brasse une information considérable sans cesse illustrée d’exemples concrets
tirés de documents peu ou jamais utilisés avant lui.
Et c’est bien l’envers – non la négation – de l’imagerie
traditionnelle qu’il nous présente. Le « siècle de Saint Louis » est
un temps troublé, crispé, divisé contre lui-même ; le grand mouvement
ascensionnel qui a porté l’Occident médiéval en avant depuis les alentours de l’an
mil, marque le pas ou change de nature : les années 1250 sont un tournant
fondamental que bien peu d’hommes, à l’époque, ont perçu. Tout un pan de notre
passé dissimulé sous les oripeaux d’un Moyen Age de convention, qui doit plus à
Walter Scott qu’à l’histoire, nous est ainsi rendu.