Quatrième de
couverture : Par ses excès même, Savonarole était un pur produit des
Florentins, restés, malgré le vernis d’une trop jeune renaissance, un peuple
contestataire, insoumis, sanguinaire, ami des violences et des révolutions,
assoiffé à tout moment de feu et de sang. Ce sont les Florentins qui ont modelé
à leur guise la violence hargneuse d’un Savonarole, en venant écouter, de plus
en plus nombreux, ses torrents de haine contre l’humanité, en en modelant le
cours et le débit par la faveur où ils le tenaient, l’excitant à mesure,
réclamant à chaque sermon du fiel et de l’apocalypse. Savonarole ne se rendait
probablement pas compte qu’il était manipulé par son public autant que lui le façonnait, tel un jouet dans leurs mains, dont on s’amuse
aujourd’hui, mais qu’on finira par jeter dans le feu qu’il aura lui-même
allumé.