Quatrième de couverture : Si la vie d’André Malraux n’en finit pas de
fasciner biographes et historiens, elle n’avait guère, à ce jour, intrigué les
philosophes. Nul n’aurait cru, avant ce Signé
Malraux, que Jean-François Lyotard, théoricien de
« la condition postmoderne », se ferait un jour l’archiviste et l’explorateur
du romancier de la Condition humaine.
Malraux soutenait que seul
ce qui est légendaire est vrai ; Lyotard montre
que Malraux ne signe en effet ses écrits, ses actes et ses sentiments, que s’ils
ont chance de faire légende ; Le « biographe » se demande à
quelle hantise secrète répond pareil déni de la réalité ordinaire, le « philosophe »,
quel défi il veut relever…
Tantôt gros plan, tantôt
panoramique, voici donc le Malraux de l’Indochine et de l’Espagne ; le
pilleur de temples et le ministre de la Culture ; le tribun et l’écrivain ;
le rebelle et le notable ; le « compagnon de route » et le
gaulliste ; le farfelu et le mystique ; le fils et l’amant ; l’enfant
solitaire de Bondy et le penseur du Musée imaginaire.
Les figures antithétiques
foisonnent, en apparence ; Mais, au fond, l’axiome de Malraux demeure
inébranlable : on n’hérite pas de ce qui a été, du simple fait qu’on vient
à la suite. Grandes œuvres, grandes vies, elles attendent la résurrection d’un
geste, d’une lecture passionnée, qui inventera les formes d’une nouvelle
grandeur. Cette métamorphose, c’est le secret de l’œuvre-vie Malraux, à quoi
cette biographie, étrange parce qu’unique en son genre, rend hommage.