Quatrième de
couverture : Le personnage de Thérèse Cabarrus, successivement
comtesse de Fontenay, ci-devant citoyenne Tallien, puis princesse de Caraman
Chimay est bien connu. On sait qu’elle a traversé sans encombre les pires
années de la Terreur au bras de ses nombreux amants, infiniment plus préoccupée
de ses robes que d’idéal révolutionnaire. On connait sans doute moins celui de
Jean Lambert Tallien qui l’aima passionnément, la sauva de l’échafaud, se
compromit pour elle, l’épousa et, après quelques brèves années d’ivresse
amoureuse et de pouvoir absolu, se retrouva seul, abandonné de tous et surtout
de sa belle. Il est le héros du surprenant roman de Frederic
Tuten.
Surprenant parce qu’il ne s’agit pas vraiment d’Histoire.
Plutôt d’une étrange plongée, d’une errance au cœur même de la passion – celle que
suscite la politique, celle qui n’inspire une femme, celle qui n’a plus, pour
se nourrir, que le souvenir.
Frederic Tuten
a pris de grandes libertés avec la
vérité historique, bousculé des dates, fait surgir dans les rues du Paris
révolutionnaire ou en pleine campagne d’Egypte, de curieuses silhouettes
étonnamment modernes. Il va plus loin : le bref roman de Tallien est
raconté ici par un narrateur anonyme qui se retrouve après trente ans de
séparation au chevet de son père mourant, un ancien militant syndicaliste. Avec
un humour teinté d’amertume, il établira un parallèle entre ces deux vies,
celle du vieillard resté anonyme, et celle de l’éphémère héros de la
révolution. Pour l’un comme pour l’autre, les rêves, l’amour et l’ambition se
seront brisés sur les écueils de la plus brutale réalité.