Quatrième de
couverture : Après les biographies qu'il a consacrées à quelques grands
écrivains russes - Dostoïevski, Pouchkine, Lermontov, Tolstoï, Gogol -, Henri
Troyat a entrepris de nous conter l'histoire fascinante de l'un des plus
mystérieux d'entre eux, Anton Tchekhov, célèbre par ses nombreuses nouvelles et
par cinq pièces de théâtre : Ivanov, La Mouette,
Oncle Vania, Les Trois Soeurs et la Cerisaie. Histoire
assez courte par la durée puisque Tchekhov vécut quarante-quatre ans
(1860-1904), mais longue par les méandres intérieurs du personnage.
Ce que nous propose ici Henri Troyat, c'est d'abord un
voyage vertigineux dans le proche passé de la Russie. En même temps, avec son
don de communion humaine, il nous fait pénétrer pas à pas dans les arcanes d'un
être surprenant, à l'oeil vif et à la tête glacée, rieur mais triste, aimable
mais distant, égoïste mais ouvert au malheur des autres, entouré de femmes mais
craignant de s'engager avec l’une d’elles jusqu'au jour de son étrange et
tardif mariage, partageant son temps entre la médecine, où il donne libre cours
à sa soif de dévouement, et la littérature, où il s'impose comme un artiste
indépendant, hostile à toute prise de position politique, philosophique,
religieuse, soucieux avant tout de montrer la vie sans essayer de rien prouver.
La lente et passionnante découverte que l'on fait de ce
sceptique courtois, de cet enchanteur désenchanté, éclaire toute l'oeuvre de
Tchekhov : une musique sourde, intime, poignante où s'exprime la douce
absurdité de l'existence quotidienne.