Quatrième de couverture : Mers el-Kébir,
3 juillet 1940: 1300 morts, un cuirassé englouti, deux autres gravement
atteints et échoués. Seul à échapper, le Strasbourg.
Pas un navire anglais touché.
Faut-il
en avoir honte ou pas ?
Quarante
ans après, je suis revenu à Mers el-Kébir.
Subitement, se déclencha en moi comme un lamento, un requiem, une immense
plainte pour les marins morts en si grand nombre qu'il avait fallu tailler un
cimetière dans la falaise. Personne n'avait su au juste comment ça s'était
passé, si l'amiral avait eu raison ou tort de ne pas vouloir partir avec les
Anglais, personne n'avait sur le moment demandé des comptes. Le silence était
retombé. Pas de commission d'enquête ni de procès.
J'au
eu envie de réparer cet oubli fantastique, de descendre dans cette crevasse de
l'Histoire, d'en sonder les parois, d'en traquer les personnages. On ne détruit
pas une flotte superbe en cinq minutes sans que ça fasse du bruit, sans qu'il y
ait des fantômes qui crient vengeance ou qui se plaignent.
Accusé,
levez-vous !