Quatrième de
couverture : Peu d’hommes d’Etat ont fait l’objet au fil de leur
carrière d’autant d’attaques, ont suscité autant de haines et de rumeurs. L’itinéraire
de François Mitterrand, il est vrai, n’a rien de banal : débutant très
loin à droite de l’éventail politique pour incarner, sur son second versant, l’espoir
du « peuple de gauche ». Il a pris part aux violents affrontements
idéologiques d’avant 1939,a fait la guerre comme
sergent, a vécu le drame des prisonniers, puis s’est retrouvé à Vichy. Il a été
pétainiste, giraudiste, résistant. A vingt-sept ans, il avait déjà rencontré le
Maréchal, de Gaulle et Giraud. Il a fait partie du gouvernement insurrectionnel
lors de la Libération
de Paris. On l’a dit militant d’Action française, membre de la Cagoule, décoré de la Francisque, intime des
dignitaires de la
Collaboration, mais que n’a-t-on pas affirmé ou insinué sur
cet homme qu’un pamphlétaire qualifiait déjà de « dangereux » en 1958 !
Pierre Péan a longuement enquêté pour démêler le vrai du
faux sur cette genèse d’un chef d’Etat, période peu explorée par ses biographes
et qui va de la fin de ses humanités à Angoulême à sa nomination comme ministre
dans le premier gouvernement de la IVe République. Se dégage de ce récit un
personnage souvent inédit, riche de contradictions et de fidélités, éminemment
romanesque, qui en a finalement fait plus que ce qu’on en a dit, mais
différemment : la rumeur, tantôt fantasque, tantôt fondée, n’est jamais
parvenue à le cerner, encore moins à l’enfermer…