Quatrième de couverture : Voici un roman qui nous
emporte de la source à la mer. On y voyage à travers la Bourgogne, de jadis, au
fil de la Meuse jusqu’à l’Escaut, de la France à la Suisse, à l’Allemagne, la Belgique
et aux Pays-Bas. Car l’auteur nous emmène sur les traces de L’Agneau mystique de Jan Van Eyck, vers le point central d’une prairie inaccessible. « Une porte ouverte dans le ciel »…
Comme
dans le tableau on est en mouvement. Comme dans le tableau on est à la fois sur
la Terre et au Ciel, changeant sans cesse de véhicule, jamais de direction. On
passe de la prose au poème, du portrait à la réflexion, de l’histoire à la
philosophie, du souvenir à l’imagination et à la prophétie. Nous sommes à l’extrême
fin des temps, mais aussi tout au commencement.
A
déplacer des montagnes de conventions littéraires – en renouant avec les
musiques de l’oralité -, Jacques Darras parvient à
faire couler avec bonheur (tourbillonner parfois) des rivières où l’on imagine
volontiers Joyce s’ébrouer. Héraclite soulignait qu’on ne descend jamais deux
fois dans le même fleuve : lorsqu’on y retourne, l’eau de naguère est déjà
loin ; c’est un autre fleuve, une autre eau.
Les
eaux de ce roman changent ; nous changeons avec elles, à la recherche d’une
nouvelle sagesse européenne. Une sagesse qui ne serait plus frontalière avec l’espace
morcelé en nations belliqueuses. Une sagesse qui aurait accompli l’épreuve de
la folie des hommes et chercherait à connaître l’expérience du rythme et de la
durée. Une sagesse avide de découvrir le pays à la fois le plus proche et le
plus inconnu de nous : le Temps.