Quatrième de couverture : Sur quarante-deux années de
service, le général Pierre Boyer de Latour en a passé
vingt-quatre dans le Maghreb. Depuis 1916, à part deux ans d'école et trois ans
de commandement de troupes métropolitaines, il a toujours eu sous ses ordres
des troupes nord-africaines. Il s'est acquis leur confiance et c'est avec leur
concours qu'après l'armistice de 1940 il reconstitua un régiment de Tabors.
Médaillé militaire, Grand Croix de la Légion d'Honneur, le général Boyer de Latour est titulaire de 24 citations dont 18 à l'ordre de
l'armée et a reçu la D.S.O. (Distinguished Service Order) britannique et la D.S.C. (Distinguished
Service Cross) américaine. A ses fonctions militaires sont presque toujours
venues s'ajouter des fonctions administratives et politiques. Appelé en février
1951 à Rabat pour exercer auprès du Maréchal Juin les fonctions de secrétaire
général des Affaires politiques et militaires, désigné ensuite, en mars 1954,
comme Commandant des Troupes de Tunisie, puis comme successeur de M. Voizard à la Résidence, à Tunis, le général Boyer de Latour fut appelé de nouveau à Rabat, en août 1955, comme
Résident général en remplacement de M. Grandval, démissionnaire. Deux mois plus
tard, le général démissionnait lui aussi, à la suite de l'affaire du Conseil du
Trône et du revirement du Glaoui.
Ces
trois missions correspondent à trois moments cruciaux de notre politique en
Afrique du Nord. Partisan depuis longtemps d'une évolution hardie mais
progressive, qui aurait dû comporter d'abord des réformes économiques et
sociales, le général Pierre Boyer de Latour raconte
ici comment cette évolution fut compromise et perdue par les indécisions et les
inconséquences d'un irréalisme politique qui a conduit la France et l'Afrique
du Nord à la tragique situation d'aujourd'hui.