Quatrième de couverture : 18 octobre 1940: le
"statut des Juifs" est publié. 31 juillet 1944: le dernier convoi de
déportés quitte Drancy pour Auschwitz. Ces deux faits et ces deux dates
marquent le début et le terme de la politique du régie
de Vichy envers les Juifs.
Mise
en oeuvre dès l'été 1940, la politique antisémite est
due au seul gouvernement de Vichy, sans pressions allemandes. En 1941, Xavier Vallat, premier Commissaire général aux questions juives,
l'organise systématiquement. Exclus d'un nombre très important d'activités,
recensés, spoliés par l'"aryanisation" des entreprises, les Juifs
sont internés dans les camps de concentration français tels que Drancy,
Pithiviers, Beaune-la-Rolande, etc. Cette politique a des responsables. Elle a
aussi des exécutants, à tous les niveaux de l'administration.
1942:
Laval revient au pouvoir. Darquier, antisémite
forcené, remplace Vallat. Bousquet dirige la police.
Chez les Allemands, le pouvoir des SS augmente. La "solution finale"
est décidée. Désormais les nazis veulent déporter l'ensemble des Juifs de France,
en procédant par étapes, ne serait-ce que pour obtenir le concours,
indispensable, de la police française. Celle-ci, en juillet 1942, exécute la
rafle du Vel d'Hiv, au cours de laquelle 13 000 Juifs sont arrêtés. Ils seront
déportés - enfants compris, livrés par Laval. L'occupation de toute la France accroît
le danger de mort qui pèse maintenant sur tous les Juifs. Vichy maintient sa
politique, imposant par exemple en décembre 1942 l'apposition de la mention
"Juif" sur les cartes d'identité.
Le
bilan : 75 000 déportés. La politique antisémite de Vichy a commencé par mettre
les Juifs au ban de la société. Elle a ensuite, directement et indirectement,
facilité leur arrestation et leur déportation. Etudiant les étapes de cette
politique, l'attitude des principaux responsables - Pétain, Laval, Vallat, Darquier, Bousquet, etc.
- et les réactions de l'opinion, notamment des Eglises, le livre de Michael Marrus et Robert Paxton, fondé sur des documents
d'archives, analyse avec la rigueur de l'historien un des chapitres les plus
tragiques de l'histoire récente de la France.