Résumé :
Empoisonnement, parricide, inceste : Tels sont les éléments apparents et
controversés d’une affaire judiciaire hors-série et hors du temps. Le crime
commis en 1933 par Violette Nozière est sans âge. Il
trouve ses motivations indirectes dans le malaise d’une jeunesse face à une
société en crise, plus précisément dans une inadaptation au milieu familial.
C’est pour y échapper que la parricide de dix-huit ans, « pervertie
d’occasion », a perpétré un forfait sans excuse aux yeux de la justice.
« Le crime de Violette Nozière,
s’était écrié l’avocat général aux Assises est de ceux qui écartent de la pensée
et du cœur la moindre pitié et la moindre indulgence. » Et pourtant…
La condamnée à mort est graciée une première fois par le
Président de la république Albert Lebrun ; en 1942, le Maréchal Pétain,
chef de l’Etat français, ramène à douze ans la peine des travaux forcés à
perpétuité ; en 1945, le Général de Gaulle, chef du Gouvernement
provisoire, annule une interdiction de séjour de vingt ans. Enfin, en 1963, la
Cour de Rouen prononce la réhabilitation de Violette Nozière :
fait unique dans l’histoire de la justice française, s’agissant d’un condamné à
mort pour crime de droit commun.
Pour saisir le sens de ces mesures si éloignées des
réquisitions de l’accusateur, il faut se pencher sur cette affaire qui a occupé
la justice pendant trente ans, passionné l’opinion, inspiré des poètes comme
Eluard et Breton, des peintres comme Ernst, Magritte, Giacometti.
Voici Violette Nozière. Ses
amours, ses crimes, son expiation et son rachat : sa fin.
Autant que l’évocation d’un sombre drame encore entouré
de mystères, ces pages sont le roman d’une vie, un roman d’un réalisme cruel,
éclairé par de fulgurantes lueurs de pureté et de tendresse.